Alexandre Gabriel, aux sources des spiritueux

« Pour moi, les savoir-faire ancestraux, c’est une source d’inspiration. Ce n’est pas une mimique ! On ne les copie pas. C’est une dynamique car on les revisite. » D’emblée le ton est donné. Alexandre Gabriel est ouvert, comme une encyclopédie populaire, et partage sa passion avec plaisir et générosité. Celui qui a fondé en 1989 la Maison Ferrand est à la fois distillateur, maître de chai, master blender, entrepreneur, créateur et un infatigable poseur de questions.

C’est qu’Alexandre Gabriel a su insuffler à sa maison – une entreprise familiale – un esprit tout particulier qui la rend à part dans le monde des spiritueux français : chef d’orchestre, il connait parfaitement ses classiques, libre de s’affranchir de la technique pour les réinterpréter tout en restant fidèle aux origines. Cognac, Gin, Rhum, Eaux-de-vie… chaque liqueur est pour lui une « culture avec un prisme différent » issue des connaissances et des découvertes, des voyages et des conquêtes. De cette Histoire, il a su garder la dimension humaine et l’attachement aux sols qui prodiguent arômes et bouquets. Mais par-dessus tout, il apporte une contribution significative au patrimoine de ce qu’il nomme non sans malice – mais avec bon sens – « la gastronomie liquide ».

Tout d’abord par une réflexion depuis plusieurs années sur le vignoble, par des techniques culturales privilégiant l’expression identitaire de l’appellation et le respect de l’environnement. Désormais, un rang sur deux est enherbé, les sols sont travaillés mécaniquement, et la plantation de graminées permet aussi de décompacter les sols, de les aérer et donc de favoriser la vie microbienne. Autre avantage, ces graminées forment un paillage bienvenu qui sert aussi d’engrais naturel. Et si le promeneur s’étonne de voir des moutons entre les vignes, c’est qu’ils participent à l’entretien du domaine et constituent les plus efficaces des tondeuses !

Ensuite par l’amélioration constante des procédés autour de la distillation et du vieillissement en fût, avec notamment un travail fouillé sur les bois. De l’expérimentation à l’innovation, il n’y a qu’un pas, celle d’une recherche couronnée par le dépôt de brevet sur l’infusion progésive pour son Gin Citadelle, certifiant la rigueur dont Alexandre Gabriel sait faire preuve, autant que d’imagination (voir l’article sur le Gin Citadelle). Aussi, et sur cela il insiste : afin de perpétuer cette transmission des gestes, dont il est le dépositaire éphémère. L’idée d’une fondation pour assembler cette mémoire et préserver ces savoirs « qui sont plus grands que nous » s’ajoute à la longue liste de ses projets en cours.

Enfin, évidemment, sur les ingrédients, l’assemblage, la recette. Le goût. « Je suis un créateur d’émotions, grâce à des produits uniques. C’est avant tout une démarche gastronomique, par la mise en valeur d’un élément dominant, pour en révéler imperceptiblement la qualité gustative. Ainsi, pour le gin, la baie genièvre peut être sublimée par la cannelle ou la noix de muscade. » Ou par la coriandre, la cardamome, l’angélique, le cumin, l’amande, les graines de paradis, la réglisse, le cubèbe, la sarriette, l’anis étoilé, le cassia, l’iris, la violette, le fenouil, les zestes d’orange et de citron… la palette aromatique du gin Citadelle s’articule autour de 19 saveurs, soigneusement sélectionnées pour leur qualité exceptionnelle et leur potentiel combinatoire.

Élaborés avec des soins d’orfèvre, les spiritueux artisanaux haut-de gamme de la Maison Ferrand figurent aujourd’hui comme des modèles dans leurs catégories respectives, tous sont frappés du sceau de l’exigence avec cette capacité rare d’étonner, d’émouvoir et de donner du sens à la matière. N’est-ce-pas là la fonction première de la création ? C’est aussi très français ! « Nous les français, nous allons au bout des choses, nous transcendons l’état de l’art. On est des geeks, quelque part. Mais tout ce que l’on fait doit paraître facile. C’est ça, la virtuosité. Et c’est ensemble que nous sommes les meilleurs, en confrontant nos savoirs de façon transversale. Pas en restant dans notre coin. Les Américains disent “Knowledge is power”. Moi je dis “Knowledge is pleasure”. » So French Craft.

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Alexandre Gabriel, at the source of spirits

“For me, ancestral know-how is a source of inspiration. It’s not a mimic! We don’t copy them. It’s a dynamic because we revisit them.” Right away the tone is set. Alexandre Gabriel is open, like a popular encyclopedia, and shares his passion with pleasure and generosity. The founder of Maison Ferrand in 1989 is a distiller, cellar master, master blender, entrepreneur, creator and a tireless questioner.

This is because Alexandre Gabriel knew how to infuse his house – a family business – with a very special spirit that makes it unique in the world of French spirits: conductor, he knows his classics perfectly, free to escape the technique to reinterpret them while remaining faithful to the origins. Cognac, Gin, Rum, Eaux-de-vie… each liquor is for him a “culture with a different prism” resulting from knowledge and discoveries, travels and conquests. Using our History, he knew how to keep the human dimension and the attachment to the soils that lavish aromas and bouquets. But above all, he makes a significant contribution to the heritage of what he calls not without malice – but with common sense – « liquid gastronomy ».

First of all by a reflection for several years on the vineyard, through cultural techniques favoring the identity expression of the appellation and respect for the environment. Now, every second row is planted with grass, the soils are mechanically worked, and the planting of grasses also helps to decompacte the soils, aerate them and thus promote microbial life. Another advantage, these grasses form a welcome mulch that also serves as a natural fertilizer. And if the hiker is surprised to see sheep between the vines, it is because they help maintain the estate and are the most efficient of mowers!

Then by the constant improvement of the processes around distillation and aging in barrels, in particular with detailed work on the wood. From experimentation to innovation, there is only one step, that of a research crowned by the patent filing on progesive infusion for his Gin Citadelle, certifying the rigour that Alexandre Gabriel knows how to demonstrate, as well as imagination (see article on the Gin Citadelle). Also, and on this he insists: in order to perpetuate this transmission of gestures, of which he is the ephemeral custodian. The idea of ​​a foundation to assemble this memory and preserve this knowledge « which is greater than us » is added to the long list of his ongoing projects.

Finally, of course, on ingredients, blending, recipe. Taste. “I am a creator of emotions, thanks to unique products. It is above all a gastronomic approach, by highlighting a dominant element, to reveal its taste quality imperceptibly. For gin, juniper can be enhanced with cinnamon or nutmeg.” Or by coriander, cardamom, angelica, cumin, almond, seeds of paradise, licorice, cubeb, savory, star anise, cassia, iris, violet, fennel, orange and lemon zest… The aromatic palette of Citadelle gin is structured around 19 flavours, carefully selected for their exceptional quality and combinatorial potential.

Crafted with the care of a goldsmith, Maison Ferrand’s high-end artisanal spirits appear today as models in their respective categories, all are stamped with the seal of the requirement with this rare ability to amaze, to move and give meaning to matter. Isn’t this the primary function of creation? It’s also very French! “We French people go to the end of things, we transcend the state of the art. We are geeks, somewhere. But everything we do must seem easy. That’s virtuosity. And it is together that we are the best, by confronting our knowledge in a transversal way. Not by staying in our corner. Americans say “Knowledge is power”. I say “Knowledge is pleasure”.  » So French Craft.

Citadelle Gin, savoir-faire & innovation

Plusieurs idées à la minute… Alexandre Gabriel est adepte du mouvement perpétuel ! Depuis 1996, Citadelle a ouvert la voie des gins artisanaux en France et représente une réussite exemplaire, jamais égalée. La marque le doit au savoir-faire de la maison mais aussi au temps qu’elle prend pour que les nouvelles idées éclosent et infusent.

L’infusion progressive, une technique brevetée

Au lieu d’une pratique courante qui consiste à infuser les aromates tous ensemble, chez Citadelle, on prend son temps, quitte à se compliquer la vie. Chacun des 19 aromates est traité séparément dans un alcool neutre de blé, pour la durée qui fait ressortir son caractère de manière la plus juste. Une précision digne d’une horloge suisse. Et pour obtenir une restitution olfactive et gustative la plus fidèle, à chacun son degré d’alcool d’infusion. Ainsi, la baie de genévrier nécessite un temps et un taux d’alcool plus important que l’anis étoilé. Au cours des 3 à 4 jours que dure ce processus, les aromates sont ajoutés successivement, pendant que le degré d’alcool diminue. Une innovation qui a fait l’objet d’un brevet, enregistré en 2018, le seul jamais octroyé sur la méthode d’infusion d’un gin. Ironie de l’histoire, il est français et non anglais !

Un travail de recherche unique sur les bois

Pour aller plus loin dans le champ des expérimentations, Citadelle a développé de nombreux essais sur les fûts. C’est d’abord intellectuellement passionnant et cela permet, pour ceux qui font l’objet d’un élevage sous bois de démultiplier les expressions aromatiques, grâce aux choix d’essences singulières. Ainsi, l’acacia a été retenu en priorité, pour son aptitude à donner un côté fleur blanche légèrement mentholé et beaucoup de rondeur au gin. Incroyable mûrier ! Il apporte une touche florale mais aussi un soupçon d’acidité bienvenu qui contribue à l’équilibre. Le châtaignier se trouve être le bois le plus structurant, grâce à ses élégants tanins. Les chênes français ayant contenu du Pineau des Charentes et surtout du Cognac ont un formidable pouvoir d’unification : ils ont le don d’arrondir les caractéristiques du gin. Enfin, le merisier n’est utilisé qu’en faible quantité, car il a tôt fait de prendre le dessus. Néanmoins, ses légères saveurs de noisette fraîches et de fruits rouges sont un vrai plus.

Au commencement, était l’œuf

12 ans après Citadelle Original, en 2008, Alexandre Gabriel remet au goût du jour le Golden Gin : on avait un peu oublié qu’à l’origine, le gin, ce grand voyageur, était transporté en fûts. Il fait un retour en force avec la Maison Ferrand, qui par-là, démontre une fois de plus son goût pour l’histoire et pour l’innovation. Citadelle « Réserve » aura demandé là encore, bon nombre d’expérimentations pour atteindre le résultat souhaité : de la puissance, de la complexité et beaucoup de finesse. Le savoir-faire de Cognac dans l’art du vieillissement donne toute sa mesure ici. Et pour multiplier les expressions aromatiques, on multiplie les types de bois ! Mûrier, merisier, châtaignier, acacia et chêne sont convoqués dans les chais du Château de Bonbonnet pour donner de la voix. Après un élevage de 5 mois dans ces différents fûts, l’assemblage est effectué dans un fût de chêne de 2000 litres, en forme d’œuf. Là encore, il est question d’innovation : la forme ovoïde permet une convection naturelle qui s’opère à l’intérieur, participant à l’harmonisation des différents distillats, pendant encore quelques mois. De plus, le bois permet une micro-oxygénation, aidant à l’intégration du bois tout en garantissant une exceptionnelle fraîcheur d’arômes. Et si Citadelle est le premier gin à disposer d’un brevet pour l’infusion de ses aromates, il est aussi le seul à utiliser ce processus de vieillissement. Le résultat ? Des notes intenses de genièvres et d’agrumes, admirablement fondues dans un ensemble riche et complexe. L’on pourrait multiplier les exemples qui expliquent qu’aujourd’hui Citadelle figure parmi les meilleurs gins du monde et soit couronné régulièrement par une pluie de récompenses. C’est un juste retour de sa créativité débordante dans la recherche de la meilleure définition d’une eau-de-vie : un gin élaboré par des puristes et des passionnés, pour tous les amoureux d’émotion.

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Many ideas by the minute… Alexandre Gabriel is a fan of perpetual movement! Since 1996, Citadelle has paved the way for artisanal gins in France and represents an exemplary success, never equalled. The brand owes it to the know-how of the house but also to the time it takes for new ideas to blossom and infuse.

Progressive infusion, a patented technique

Instead of a common practice of infusing the spices all together, at Citadelle, one takes one’s time, even if it means complicating things. Each of the 19 flavors is treated separately in a wheat neutral alcohol, for the duration that brings out its character in the fairest way. A precision worthy of a Swiss clock. And to obtain an olfactory and gustatory restitution the most faithful, to each its degree of alcohol of infusion. For example, juniper berry requires more time and alcohol than star anise. During the 3 to 4 days that this process lasts, the aromatics are added successively, while the degree of alcohol decreases. An innovation that was the subject of a patent, registered in 2018, the only ever granted on the method of gin infusion. Ironically, it is French and not English!

Unique wood research work

To go further in the field of experiments, Citadelle has developed many tests on drums. It is initially intellectually exciting and allows, for those who are the subject of a breeding under wood, to multiply the aromatic expressions, thanks to the choices of singular essences. Thus, acacia was chosen as a priority, for its ability to give a slightly minty white flower side and a lot of roundness to gin. Incredible mulberry tree! It brings a floral touch but also a hint of welcome acidity that contributes to the balance. The chestnut tree is the most structural wood, thanks to its elegant tannins. The French oaks containing Pineau des Charentes and especially Cognac have a formidable unifying power: they have the gift of rounding the characteristics of gin. Finally, the birch tree is used only in small quantities, because it quickly takes over. Nevertheless, its light flavours of fresh hazelnut and red fruits are a real plus.

In the beginning, was the egg

12 years after Citadelle Original, in 2008, Alexandre Gabriel gives the Golden Gin a taste of the day: we had forgotten that originally gin was transported in barrels. It makes a strong comeback with Maison Ferrand, which again demonstrates its taste for history and innovation. Once more, Citadelle «Réserve» asked for many experiments to achieve the desired result: power, complexity and a lot of finesse. Cognac’s know-how in the art of aging gives its full measure here. And to multiply the aromatic expressions, types of wood are multiplied! Mulberry, cherry, chestnut, acacia and oak are summoned to the cellars of the Château de Bonbonnet to give voice. After 5 months of maturation in these different barrels, the assembly is done in a 2000 liter oak barrel, shaped like an egg. Here again, it is a question of innovation: the ovoid form allows a natural convection that takes place inside, participating in the harmonization of the different distillates, for a few more months. In addition, the wood allows a micro-generation, helping to integrate the wood while guaranteeing an exceptional freshness of aromas. And if Citadelle is the first gin to have a patent for the infusion of its aromatics, it is also the only one to use this aging process. The result? Intense notes of juniper and citrus, beautifully melted into a rich and complex whole. One could multiply the examples that explain that today Citadelle is among the best gins in the world and is regularly crowned with a rain of rewards. It is a fair return of his creativity overflowing in the search for the best definition of a eau-de-vie: a gin elaborated by purists and enthusiasts, for all lovers of emotion.

Les notes douces-amères de Nico de Soto, French bartender.

Il possède des bars partout dans le monde, ou presque. Il influence, créé les tendances, cumule les récompenses. Dans ce milieu vibrionnant de la fête et du plaisir, Nico de Soto a pourtant creusé sa voie, étape par étape, patiemment, pour devenir un mixologiste de génie et un serial entrepreneur reconnu et respecté. Alors forcément, la sagesse s’entrechoque avec la jeunesse, et son franc-parler se savoure par gorgées. En voici 3 bien relevées.

FCG. Comment se définit la French Touch dans votre métier ?

NdS. A l’étranger, on a cette image de qualité, de bons vivants. C’est sur cette étiquette que j’ai été embauché facilement à New-York à mes débuts. La France, c’est la classe, la mode, l’art. Comme les Italiens, d’ailleurs. Maintenant, on nous voit aussi comme des « jamais contents », et je dois dire que je suis assez d’accord. Mais ce qui me chagrine le plus, c’est que malgré les très bons bars à Paris qui proposent des cocktails hyper créatifs et de haut niveau, il y a un manque de curiosité des français. La clientèle est surtout étrangère. Hier j’étais à une terrasse de café et j’entendais encore « Je voudrais un rouge. » Un rouge ! Est-ce qu’on va au restaurant pour dire « Donnez-moi à manger » ? Il y a un déficit de culture sur les cocktails alors qu’il y a de vraies propositions novatrices, inédites. Les palais ne sont pas entrainés. Il n’y a pas assez d’intérêt sur ce sujet alors qu’en Asie, il y a la queue dès qu’un nouveau spot ouvre et bouscule un peu les codes.

FCG. L’innovation, c’est un terme pertinent pour vous ?

NdS. Bien sûr ! On ne fait que ça, en permanence. Il y a toujours de la recherche, de nouveaux ingrédients, des nouvelles techniques. On ne fait jamais le tour. D’ailleurs, les pairings* les plus intéressants sont ceux où il n’y a pas que du vin… le cocktail offre des options vraiment intéressantes pour surprendre et renouveler la gastronomie. Même si on vit dans un monde où la nouveauté est devenue la norme et que plus rien n’émerge vraiment dans le foisonnement d’informations…

FCG. Est-ce que la vague du « Craft » dans votre secteur est un retour aux sources alors ? En réponse à cette course effrénée à la nouveauté ?

NdS. Attention, il y a Craft et craft. Le retour à l’« authentique » avec la réédition de recettes d’avant où les alcools étaient de mauvaise qualité et que les dosages servaient à masquer le goût, ça n’a pas de sens. Des années de recherche, de science et de bon Craft ont quand même largement amélioré les choses ! Le petit batch** fait soi-même, en tout cas qui n’est pas industriel, aura toujours mon attention. Il faut regarder les produits qui vont bien vieillir. Je guette de très bons whiskys bretons qui ont été fait avec patience, avec le temps nécessaire, et qui sont juste dingues. Les gens qui font ça, ils m’intéressent. Pour moi, le Craft, c’est faire les choses bien et ne pas tomber dans la facilité.

*pairing : accord met-boisson
** batch : lot, cuvée

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The bittersweet notes of Nico de Soto, French bartender.

He owns bars all over the world, or almost. He influences, creates trends, accumulates rewards. In this vibrant environment of party and fun, Nico de Soto has yet dug his way, step by step, patiently, to become a genius mixologist and a recognized and respected serial entrepreneur. So, of course, wisdom clashes with youth, and its frankness is enjoyed by sips. Here are 3 of them.

FCG. How is French Touch defined in your profession?

NdS. Abroad, we have this image of quality, good living. It is on this label that I was easily hired in New York at my beginnings. France is synonymous of class, fashion, art. Like the Italians, by the way. Now we are also seen as “never happy”, and I must say that I agree with that. But what bothers me the most is that despite the very good bars in Paris that offer super creative and high-level cocktails, there is a lack of curiosity of the French. The clientele is mostly foreign. Yesterday I was at a cafe terrace and I still heard ‘I would like a red wine. » A red wine! Do we go to a restaurant and say, “Give me something to eat”? There is a culture deficit on cocktails when there are real innovative proposals. Palates are not trained. There is not enough interest on this subject while in Asia, there is the queue as soon as a new spot opens and shakes the codes a little.

FCG. Is innovation a relevant term for you?

NdS. Of course! We do that all the time. There is always research, new ingredients, new techniques. You never go around. Moreover, the most interesting pairings are those where there is not only wine… the cocktail offers really interesting options to surprise and renew the gastronomy. Even if we live in a world where novelty has become the norm and nothing really emerges in the abundance of information…

FCG. Is the wave of ‘Craft » in your sector a return to the roots then? In response to this frantic race to novelty?

NdS. Careful, there’s craft and Craft. The return to “authentic” with the re-edition of previous recipes where the alcohol was of poor quality and that the dosages were used to mask the taste, it makes no sense. Years of research, science and good Craft have still vastly improved things! The small homemade batch, in any case a batch that is not industrial, will always get my attention. We have to look at products that will age well. Right now, I’m waiting for very good Breton whiskies that have been made with patience, with the necessary time, and that are just crazy. I’m interested in the people who do that. For me, Craft is doing things right and not take the easy way.

Axel Huynh, designing in (French) style

FCG. L’art de vivre a toujours été un fil rouge dans votre parcours, particulièrement éclectique...

J’ai un parcours totalement atypique, j’ai commencé dans le mannequinat dans les années 90, puis j’ai travaillé dans la nuit en qualité de directeur artistique, d’abord aux Folies Pigalle puis au Palace, avant de créer mon agence événementielle CRAZYBABY! Il y a plus de 20 ans… Entrepreneur dans l’âme, je me suis diversifié depuis quatre ans avec la création d’un pôle « Design & Lifestyle » où j’exprime ma passion pour la décoration à travers des signatures de lieux, restaurants et appartements privés mais également dans la création et l’édition de mobilier, luminaires, art de la table, essentiels pour la maison en cachemire et haute joaillerie sous le label AXEL HUYNH PARIS.

FCG. La mode, la musique, la communication, le design, les métiers d’art… quel est le style français dans ces secteurs que vous connaissez bien ?

Pour moi, le style français, c’est avant tout l’élégance, un supplément d’âme qui donne cet esprit unique, c’est du domaine du ressenti, du sensoriel… Le « made in France » se voit, se touche, se respire et bien plus encore ! Mon processus créatif s’appuie sur cette expérience complète qui sollicite tous les sens, j’aime dénicher la perle rare et réunir autour de mes projets des artisans qui vont me permettre d’exprimer cette vision et pousser ma créativité encore plus loin… L’artisanat et les métiers d’art font partie intégrante de mon travail, j’ai la chance d’être entouré par les fleurons de l’artisanat français qui m’accompagnent dans la création de pièces uniques et singulières. Il est important pour moi de valoriser l’excellence et le savoir-faire de ces belles manufactures françaises avec qui j’ai la chance de collaborer telles que Henryot & Cie, l’ébéniste d’art Dissidi avec qui je réalise du mobilier d’exception ou encore la manufacture Lègle à limoges avec qui je créée ma collection d’art de la table en porcelaine…

FCG. Vos récents projets s’articulent tout particulièrement autour de ces savoir-faire uniques et d’excellence, comment découvrez-vous ces talents ?

En tant que designer français, je suis vraiment inspiré par nos artisans qui maîtrisent et perpétue ce savoir-faire unique, j’ai une soif d’apprendre à leur côté et de mettre en lumière des techniques ancestrales que je remets au goût du jour. Actuellement, pour mes créations, je choisis de nouveaux matériaux innovants issus de la recherche avec une volonté d’amplifier ce parti pris éco-responsable car c’est notre devoir de revoir nos modes de consommation et de production dans le respect de l’environnement. J’ai eu la chance de présenter mes créations au Grand Palais à l’occasion du salon Révélations sur l’invitation d’Henri Jobbé Duval, commissaire général et de son équipe pour ce salon placé sous le signe des métiers d’art et de l’excellence made in France. J’ai présenté mon sofa modulaire « I-Daybed » qui revisite la fonction de l’assise dans l’habitat moderne ainsi que mes « clouds organiques » un concept inédit sur le thème de l’art de la table du futur que j’ai imaginé en association avec Baccarat à l’occasion des 150 ans de la manufacture Henryot & Cie.

FCG. Savoir se réinventer, c’est la clé du succès ?

Cette crise sanitaire sans précédent nous a conduit à une prise de conscience sur les valeurs essentielles, notre rapport à la nature et à l’humain et sur nos véritables besoins. La chose réellement positive de cette quarantaine a été le luxe d’avoir eu le temps de réfléchir. La clé du succès vient selon moi de cette faculté à nous remettre en question, qui nous pousse à nous réinventer en étant encore plus créatif. Pour ma part, j’aborde chacun de mes projets avec un regard neuf et une réponse unique bien ancrés dans le présent. C’est le challenge que je m’impose quotidiennement. Je suis toujours à l’affût des prochaines tendances et de l’innovation. Savoir se réinventer c’est surtout réussir à capter l’air du temps pour proposer des solutions qui répondent à nos besoins à l’ instant T.

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FCG. The art of living has always been a thread in your particularly eclectic path…

I have taken a very unconventional path. I started modeling in the 90s, then worked in nightlife as an artistic director, first at Folies Pigalle then at Palace, before starting my own event agency CRAZYBABY!, more than 20 years ago… As an entrepreneur at heart, I have diversified my portfolio over the last 4 years with the creation of a new “Design & Lifestyle” department where I showcase my passion for, not only, interior design of signature locations, restaurants, and private apartments but also the design and creation of furniture, lights, table settings, home essentials in cashmere, and fine jewelry under my own label AXEL HUYNH PARIS.

FCG. Fashion, music, communication, design, arts and crafts…what are the French styles in each of these domains that you are well versed in?

For me, French style is first and foremost about elegance, which gives it that unique spirit that transcends reality, to become alive itself. « Made in France » sees, touches, breathes and so much more! My creative process relies on this experience that completely engages all of the senses. I love digging for the rare pearl and collaborating with other artisans on my projects who allow me to express my artistic vision but also help to push my creativity even further…Handcraft makes up an integral part of my work. I am lucky enough to be surrounded by the best in the French artisan community, who work with me on the creation of one-of-a-kind masterpieces. It is important for me to share the inspiring talent and artistry of these French makers with whom I have had the pleasure of collaborating with, such as, Henryot&Cie, Dissidi (with whom I am collaborating on my exceptional furniture), and Lègle in Limoges (with whom I created my collection of porcelain table settings).

FCG. Your recent projects center particularly on unique and excellent savoir-faire, how do you find these talented people?

In my capacity as a French designer, I am very inspired by our artisans who master and share this unique savoir-faire. I have a passion for learning by their sides and shining a light on their ancestral techniques by utilizing them in modern contexts. For my designs, I only work with the newest, most innovative materials to be as environmentally responsible as possible, as I believe it is our duty to address the problems of consumption and production where we can. I had the opportunity to unveil my designs at the Grand Palais during the event,Révélations (Revelations), at the invitation of general commissioner Henri Jobbé Duval, and his team. Placed under the sign for excellence in arts and craftsmanship “Made in France,” I presented my modular sofa “I-Daybed” which revisits the function of seating in the modern home as well as my “organic clouds,” an unprecedented concept envisioning the art of table setting in the future that I conceived in association with Baccarat celebrating 150 years of manufacturing at Henryot&Cie.

FCG. Knowing how to reinvent yourself, is that the key to success?

This unprecedented health crisis has driven us to a new awareness of our essential values, our connection to nature and humanity, and our true needs. The truly positive outcome of this quarantine was the luxury of having time to reflect. The key to success comes, in my opinion from this ability to question ourselves, which pushes us to reinvent ourselves by being even more creative. For my part, I approach each of my projects with a new lens and a unique response anchored solely in the present. This is the challenge that I set for myself daily. I am always on the lookout for the next trends and innovations. Knowing how to reinvent yourself is, after all, knowing how to successfully capture the spirit of the times and propose solutions that respond to our current needs.

Ugo MORETTO, le barman des cocktails signature 100% français

« Au début, c’était compliqué d’imaginer des créations avec des produits et alcools qui n’ont aucune trace d’importation ! Et puis, petit à petit, c’est devenu une super occasion pour créer de nouvelles recettes ».

Ugo MORETTO a relevé le défi de créer des cocktails uniques à partir d’ingrédients d’origine exclusivement française*. Car ce barman de pure tradition fait partie de l’équipe de FIEF « Fait Ici En France », le restaurant du chef engagé Victor Mercier (Top Chef #9), qui s’est illustré dernièrement par son Manifeste pour une souveraineté alimentaire post Covid-19, oùce dernier déclare sans ambages que « Cette crise sanitaire sans précédent nous permet une remise en question totale, et nous offre l’opportunité de nous réinventer. »

C’est donc un cahier des charges drastique pour qu’un modèle nouveau émerge, amenant Ugo à considérer son verre à moitié plein : redécouverte des terroirs et de leurs épices oubliées, relations directes avec des petites productions artisanales moins connues, saisonnalité des matières premières. Un sourcing a priori laborieux, mais qui – avec la crise sanitaire notamment – s’est avéré plus simple, et laisse, au final, beaucoup de place à l’imagination : « Pour recréer l’esprit du rhum, je vais tourner autour des saveurs que l’on attend d’un rhum vieux par exemple. Un goût rond, puissant, gourmand, épicé… que je vais tenter de retrouver et de mélanger avec des alcools locaux. »

Pas si traditionnel, ce métier, où l’on doit sans cesse recomposer la formule du succès… Un challenge permanent pour Ugo, dont la mission consiste en plus à concevoir une carte de boissons sur-mesure, en fonction de celle du chef. « J’arrive au restaurant, et je découvre le menu. On discute, on teste, il y a une grande confiance au sein de l’équipe. Et de l’inspiration ! C’est l’avantage de travailler dans un restaurant. On co-créé pour garder un équilibre global, plutôt que de chercher à optimiser le produit seul. »

Jouant sur les accords entre les mets, les vins et les cocktails, cette invitation à se laisser surprendre noue spontanément un dialogue avec les clients, et permet à Ugo de s’adapter aux goûts de chacun, « pour une expérience en bouche optimum ». Là, le cocktail doit tirer son épingle du jeu en se révélant comme une alternative aux vins classiquement proposés. « On pense que le cocktail n’est que pour l’apéritif ou le dessert. Moi, je propose un cocktail avec un blend de cognac et armagnac, du vin rouge infusé à l’aneth pour accompagner une viande rouge. On a de la force, ainsi que du vineux et de l’herbacé. Ça surprend vraiment, mais ça plait toujours ! »

Un métier de recherche et de passion qu’Ugo partage avec un enthousiasme communicatif et l’accent du Soleil… même si ses futurs accords sont soigneusement notés dans un petit carnet tenu secret : « Je pourrais faire un menu « full cocktail » un jour, qui sait ? »

*France métropolitaine

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Ugo MORETTO, the barman of 100 French signature cocktails

« In the beginning, it was difficult to imagine creations with products and alcohols that have no trace of import! And then, little by little, it became a great opportunity to create new recipes ».

Ugo MORETTO has taken up the challenge of creating unique cocktails from ingredients of exclusively French origin*. Because this barman of pure tradition is part of the team of FIEF «Fait Ici En France», (Made Here In France) the restaurant of the committed chef Victor Mercier (from famous French TV Show Top Chef), who recently distinguished himself with his Manifesto for a food sovereignty post Covid-19, where the latter states without hesitation that “This unprecedented health crisis gives us the opportunity to challenge ourselves and reinvent ourselves.”

It is therefore a drastic set of requirements for a new model to emerge, leading Ugo to consider its glass half full: rediscovery of the terroirs and their forgotten spices, direct relations with lesser known small artisanal productions, seasonality of raw materials. A priori laborious sourcing, but which – especially with the health crisis – has proved simpler, and leaves a lot of room for the imagination: “To recreate the spirit of rum, I will revolve around the flavors one expects from an old rum for example. A round, powerful, greedy, spicy taste… that I will try to find and mix with local alcohols. »

Not so traditional, this business, where we must constantly recompose the formula of success… A permanent challenge for Ugo, whose mission consists in designing a tailor-made drink menu, according to the chef’s. “I arrive at the restaurant, and I discover the menu. We talk, we test, there is great confidence in the team. And inspiration! It’s the benefit of working in a restaurant. It’s co-created to keep the overall balance, rather than trying to optimize the product alone.”

Playing on the pairings between food, wine and cocktails, this invitation to be surprised spontaneously creates a dialogue with customers, and allows Ugo to adapt to everyone’s tastes, « for an optimal mouth experience ». There, the cocktail must take its cue by proving to be an alternative to the wines classically offered. “We think that the cocktail is only for aperitif or dessert. I propose a cocktail with a blend of cognac and armagnac, red wine infused with dill to accompany a red meat. We have strength, as well as vines and herbaceous. It really surprises, but it still appeals!”

A profession of research and passion that Ugo shares with a communicative enthusiasm and the accent of the Sun… even if his future chords are carefully noted in a secret little notebook: « I could make a full cocktail menu one day, who knows? »

*Metropolitan France

Julien Cresp, gentleman-mécène

Fondateur de l’espace Ad Luminem (« lumineux » en latin) à Clichy, Julien Cresp a l’œil. Parce que c’est un photographe remarquable et parce que c’est un galeriste inspiré et défricheur. Il a aussi été avocat. « D’habitude je ne dis pas tout ça, je ne veux pas brouiller les pistes. » Difficile de briller dans autant de domaines quand pour une fois on lui tire le portrait. « C’est une question d’éducation. On m’a toujours appris à rester modeste, discret. Je préfère mettre les autres en lumière. »

La lumière. Le déclencheur de tout. Courbes, textures, matières… Un dialogue immédiat s’installe entre cet artiste pudique et les créations qu’il expose. Amoureux des lignes et des formes organiques, il n’est totalement conquis que par sa rencontre avec le créateur ou la créatrice. « Il faut que j’apprécie aussi la personne, que le courant passe. C’est sans doute pourquoi je me consacre essentiellement aux métiers d’art : il s’agit d’hommes et de femmes passionnants avant tout. »

Une proximité qui permet d’aborder cet artisanat d’exception avec générosité et simplicité, aux portes de Paris. Un double défi qui n’est pas sans tribulations, avec ses moments de découragement très vite transformés en envie redécuplée de révéler les perles rares qu’il repère notamment grâce à ses reportages photographiques. « Je ne sais jamais comment mes programmations vont être reçues. J’ai eu des déceptions et de merveilleuses surprises. Je devrais peut-être faire plus de tapage ou de marketing ? Tout ce que je sais c’est que ces talents méritent d’être connus et que ma ville mérite d’en profiter. » Un mérite qu’il ne s’accordera pas cette fois encore, ni la prochaine. Comme pour ses œuvres, dont la fameuse série « Wastelands » dont il donnerait presque le crédit aux décors qu’il met pourtant en scène de façon magistrale.

Enraciné dans sa commune d’élection, à l’image des artisans d’art ancrés et investis dans le développement de leur territoire, ce jeune papa de deux enfants n’a jamais choisi le chemin de la facilité. Car même si les métiers d’art reconquièrent progressivement l’intérêt et le cœur des français, les initiatives comme celles de Julien restent une gageure. « Oui j’aurais pu ouvrir une galerie photo… mais je pratique déjà ce moyen d’expression. Les métiers d’art m’ont toujours attiré, et quand j’ai la chance de vivre pendant un mois avec les œuvres de mes créateurs, je suis heureux. Je me nourris de ces univers, de ces influences différentes. Ce sont des voyages sans cesse renouvelés. ».

Chaque exposition devient ainsi la sienne, dévoilant un peu plus de sa sensibilité… et de ses espoirs. « Il faut avoir la foi. Et se donner les moyens. Se dire que c’est possible. » confie la céramiste Pascale Morin, dernière artiste exposée dans la galerie. « Il est très à l’écoute. Il est comme nous. Il partage nos hésitations, nos doutes. Mais cette façon de s’effacer nous apporte de l’énergie. Sa délicatesse et sa bienveillance sont précieuses. Tout ce qu’il enlève de lui, il nous le donne. Ça, à notre époque, ça vaut de l’or. C’est un aventurier… ».

Un aventurier doublé d’une âme de mécène, où la sincérité et l’entraide se substituent souvent à l’argent. « J’aime l’idée d’apporter de belles choses à regarder. Pas nécessairement acheter. Je préférerais voir la galerie remplie de gens s’extasier sur ce que j’expose plutôt qu’avoir quelques gros acheteurs par mois. »

Il n’est pas surprenant alors que son « œil » détecte aussi des talents émergents. « Oui on peut dire qu’il m’a découverte, raconte Julie Guillot, une jeune dessinatrice à la plume luxuriante. Il a su par nos connaissances communes que je dessinais alors il m’a demandé de lui présenter mes travaux. De lui raconter le pourquoi, le comment de cette envie soudaine de dessiner et de ne plus penser qu’à cela. C’est intimement lié à mon histoire, on a longtemps parlé, il m’a dit très naturellement « J’aimerais t’exposer » et j’ai dit oui. Sans réfléchir car j’étais en confiance. »

De ces relations sont nées un petit univers où chacun se sent bien et disposé à accueillir toute œuvre, artisanale ou artistique, académique ou baroque, sans préjuger de leur valeur autrement que par la qualité des échanges qui s’en suivront. « Cette galerie, c’est un cocon. On s’y sent bien car ses amis ont tous quelque chose, décrypte Julie Guillot. Il sait créer ce lien inconditionnel, désintéressé, voire énergétique. C’est un lieu de rencontres chaleureux, presque un nid, qui reflète sa personnalité. »

Voilà pourquoi ces galeries de quartier doivent être soutenues et se multiplier, car s’y niche souvent sans prévenir le cœur vibrant d’une communauté heureuse de se retrouver. Mais à Julien, vous ne le lui ferez jamais avouer. Gentleman-mécène, c’est  un métier.

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Julien Cresp, gentleman patron

Founder of the Ad Luminem space (“bright’ in Latin) in Clichy, Julien Cresp has the eye. Because he is a remarkable photographer and because he is an inspired and pioneering gallery owner. He was also a lawyer. « I don’t usually say all that stuff, I don’t want to confuse people. » Hard to shine in so many fields when this time he’s the one who gets portrayed. « It’s a question of education. I have always been taught to be modest, discreet. I prefer to highlight others. »

Light. The trigger of everything. Shapes, textures, materials… An immediate dialogue takes place between this humble artist and the creations he exhibits. In love with lines and organic forms, he is totally won over only by his encounter with the creator. « I also have to appreciate the person, that the current passes. That’s probably why I’m focused on Arts and Crafts, because they’re exciting men and women first. »

A proximity that enables to approach artistic craftmanship with generosity and simplicity, on the outskirts of Paris. A double challenge that is not without tribulations, with its moments of discouragement very quickly transformed into a renewed desire to reveal the rare pearls that he spots, thanks to its photo reports. « I never know how my programming will be received. I have had disappointments and wonderful surprises. Maybe I should make more noise or marketing? All I know is that these talents deserve to be known and my city deserves to enjoy them. » A merit that he will not give himself this time again, nor the next. As for his works, including the famous series «Wastelands» which he would almost give credit to the scenery which he nevertheless staged masterfully.

Rooted in the community he chose, like the artisans anchored and invested in the development of their territory, this young father of two children has never taken the path of ease. For even if the Crafts gradually regained the interest and the heart of the French, initiatives such as those of Julien remain a challenge. « Yes, I could have opened a photo gallery…but I already practice this medium of expression. Crafts have always attracted me, and when I have the chance to live for a month with the works of my creators… I am happy. I am nourished by these universes, by these different influences. They are constantly renewed journeys. »

Each exhibition thus becomes his own, revealing a little more of his sensibility… and his hopes. « You must have faith. And give yourself the means. Tell yourself that it is possible. » confides ceramist Pascale Morin, the last artist exhibited in the gallery. « He’s very attentive. He’s like us. He shares our hesitations, our doubts. But this way of disappearing brings us energy. His delicacy and benevolence are precious. Everything he takes away from him, he gives to us. That, in our time, is worth gold. He is an adventurer… ».

An adventurer with a patron’s soul, where sincerity and self-help often replace money. « I like the idea of bringing beautiful things to watch. Not necessarily to buy. I’d rather see the gallery full of people rave about what I’m exhibiting than have a few big buyers a month. »

Not surprisingly, his “eye’ is also detecting emerging talent. « Yes, we can say that he discovered me, says Julie Guillot, a young artist with a luxuriant pen. He knew from our common knowledge that I was drawing so he asked me to present my work to him. To tell him the why, the how of this sudden desire to draw and think only of that. It’s intimately related to my story, we talked for a long time, he said very naturally « I’d like to expose you » and I said yes. Without thinking because I was confident.”

From these relations came a small universe where everyone feels well and willing to welcome any work, artisanal or artistic, academic or baroque, without prejudging their value other than by the quality of the subsequent exchanges. « This gallery is a cocoon. It feels good because his friends all have something, deciphers Julie Guillot. He knows how to create this unconditional, disinterested and even energetic link. It is a warm meeting place, almost a nest, that reflects his personality. »

That is why these neighbourhood galleries must be supported and multiply, because they often shelter without warning the vibrant heart of a happy community to meet again. But to Julien, you will never make him confess. Gentleman-patron, this is a profession.

Mieux vendre son savoir-faire avec de nouvelles typologies de produit

Par Tiphaine Chouillet, Fondatrice Studio La Racine

Faire comprendre la valeur de son savoir-faire à travers ses produits n’est pas toujours chose aisée. La concurrence à bas prix de ces dernières décennies a fragilisé  certaines catégories de produit. Le prix de référence de certains produits donné par le consommateur s’est parfois effondré. C ’est ainsi que le consommateur indique un prix de référence de 5 € pour une assiette alors que celui-ci était proche de 18 € il y a 20 ans !

Des matériaux nobles et des savoir-faire ancestraux ont connu et connaissent toujours des moments difficiles lorsqu’ils sont associés à des catégories de produit fragilisées par la concurrence à bas prix, comme par exemple le mobilier ou l’art de la table. Dans cette situation, l’extension de marque, qui vise à ouvrir le savoir-faire de l’entreprise à de nouveaux types de produits et de marchés, peut devenir une réelle opportunité. La décision ne se prend pas à la légère et un conseil extérieur est en général bienvenu pour avoir une vision objective et plus riche. Car l’extension peut être très bénéfique pour l’entreprise si elle est stratégiquement bien préparée.

Il s’agit tout d’abord de faire la fine distinction entre la diversification et la dispersion afin de de ne pas perturber son métier de base. Il est, en effet, nécessaire de rechercher une cohérence entre les produits existants et la nouvelle catégorie de produits. Et c’est la marque qui doit créer cette cohérence (et non le métier de base !). La marque va chapeauter l’ensemble des produits, les anciens comme les nouveaux.

Cette extension doit être perçue comme légitime par la distribution et les clients. Quand Mont-Blanc, le célèbre fabricant de stylos, se lance dans la montre et le portefeuille, il choisit des objets que l’on porte près du corps, signes de succès, mi-fonctionnels, mi-accessoires de mode. L’extension est légitime et bien reçue par les clients.

Dans ce cas que dire de Bic qui, après avoir fait succès dans le stylo se lance dans les rasoirs et les briquets ? Quel est le rapport entre tous ces produits et comment cette extension a pu si bien fonctionner ? Ayant pris du recul sur sa marque grâce à des conseils extérieurs, Bic a décidé de s’imposer comme la marque de l’objet simple, sympathique, pas cher et efficace. Et ceci sur différentes typologies de produits. Tous les “outils” peu chers et efficaces pouvaient alors porter la marque Bic !

L’exemple est radical mais il nous permet de comprendre que lorsque l’on connaît réellement la signification de sa marque et celle qu’on veut lui donner, de nouveaux champs d’exploration s’ouvrent à nous ! Prenons enfin l’exemple de Crayola, marque réputée pour ses crayons colorés.La marque a d’abord lancé des produits proches de son métier initial : des marqueurs, des stylos, des pinceaux, des brosses, etc. Puis, l’entreprise a acquis une autre dimension lorsque qu’elle a décidé que Crayola prenait sa signification autour du concept “d’outils de créativité colorés pour les enfants”.

DR

Elle a alors créé des produits comme l’argile CrayolaClay, la pâte à modeler Crayola Dough, les craies, etc. Crayola qui travaillait le pigment coloré a donc étendu son savoir-faire à de nouvelles typologies de produit. Elle a gagné en notoriété et en confiance auprès de ses clients. Si la marque était restée sur une offre d’outils colorés pour dessiner, elle n’aurait pas pris cette direction. Cette évolution lui a permis de mieux s’implanter chez ses revendeurs et de gagner en visibilité.

En bref, il est important que l’extension de marque soit réalisée en suivant une stratégie claire, et après de solides études consommateurs. Une diversification sans stratégie pourrait simplement donner l’image d’une entreprise qui se disperse et se perd dans de multiples directions. La clé du succès est de réaliser un premier travail sur votre marque pour en définir sa signification. La marque Dove signifie « hydratation », Danone signifie « santé ».

Et vous quelle est la signification de votre marque ?

Better sell its know-how with new product typologies

Understanding the value of your know-how through your products is not always easy. Low-price competition in recent decades has weakened certain product categories. The reference price of some products given by the consumer has sometimes collapsed. Hence, the consumer indicates a reference price of 5€ for a plate when 20 years ago it reached 18€!

Noble materials and ancestral know-how have experienced and are still experiencing difficult times when they are associated with categories of products weakened by low-cost competition, such as furniture or table art. In this situation, brand extension, which aims to open the company’s know-how to new types of products and markets, can become a real opportunity. The decision is not to be taken lightly and outside advice is generally welcome to have an objective and richer vision. Because extension can be very beneficial to the company if it is strategically well prepared.

First of all, it is a matter of making a fine distinction between diversification and dispersion in order not to disturb his basic job. It is necessary to seek consistency between existing products and the new product category. And it is the brand that must create this consistency (and not the core business!). The brand will oversee all products, both old and new.

This extension must be seen as legitimate by distribution and customers. When Mont-Blanc, the famous pen manufacturer, launches into the watch and the wallet, it chooses objects that are worn close to the body, signs of success, half functional, half fashion accessories. The extension is legitimate and well received by customers.

In this case what about Bic who, after having made success in the pen, launches in razors and lighters? What is the connection between all these products and how this extension worked so well? Having taken a step back on its brand thanks to outside advice, Bic decided to impose itself as the mark of the simple, friendly, not expensive and effective object. And this on different types of products. All the inexpensive and effective “tools’ could then bear the Bic brand!

The example is radical but it allows us to understand that when we really know the meaning of our brand and the one we want to give it, new fields of exploration open up to us! Finally, let’s take the example of Crayola, a brand renowned for its colourful pencils. The brand first launched products close to its original profession: markers, pens, brushes, etc. Then the company acquired another dimension when it decided that Crayola took on its meaning around the concept of “colourful creative tools for children’.

She then created products such as Crayolaclay clay, Crayola Dough modelling paste, chalk, etc. Crayola, who worked with the coloured pigment, therefore extended her know-how to new product typologies. She has gained awareness and confidence with her clients. If the mark had remained on an offer of colored tools to draw, it would not have taken this direction. This evolution has allowed it to better establish itself in its resellers and gain visibility.

In short, it is important that the brand extension be carried out following a clear strategy, and after solid consumer studies. A diversification without a strategy could simply give the image of a company that is dispersed and lost in multiple directions. The key to success is to do a first work on your brand to define its meaning. The Dove brand means “hydration’, Danone means “health’.

And what is the meaning of your brand?

L’innovation est partout, elle est surtout en chacun

Dans un contexte de mondialisation et de compétitivité accrue, la capacité à innover est devenue source essentielle de croissance. Pour les entreprises, la protection des innovations est plus que jamais vitale. Mais la France, « pays des idées », ne parvient pas à les transformer suffisamment en valeur, en objets de marché… Une culture de l’innovation doit émerger, basée sur la confiance, l’optimisme et l’audace.

L’innovation, capital immatériel collectif

La perception et la réalité de l’innovation dépassent de plus en plus la seule dimension technologique. Innover ne se limite plus aux produits et à ceux qui les créent. Penser l’entreprise, ses marques, son design, son management, son organisation, ses services… sont autant d’éléments qui entrent aujourd’hui dans le champ de l’innovation, et représentent une source tangible de valeur(s).

> Une valeur économique
Une stratégie d’innovation efficace permet à toute entreprise d’augmenter son chiffre d’affaires, de gagner en parts de marché, de bénéficier d’un réel avantage concurrentiel et de se positionner en leader.
Au niveau national, l’innovation est un levier de croissance et de compétitivité majeur : création de flux économiques, attraction des investisseurs, valorisation de la recherche, de l’exportation, création d’emplois…

> Une valeur patrimoniale
À travers son portefeuille de titres, l’entreprise enrichit son capital immatériel et dispose de sources de revenus tangibles.
Collectivement, tous les titres déposés à l’INPI font partie de notre patrimoine, reconnus par l’État comme « Trésors Nationaux » et doivent inspirer de nouvelles innovations.

> Une valeur sociétale
L’innovation appelle l’innovation. C’est un état d’esprit, une culture qui doit irriguer aussi bien l’entreprise que le pays tout entier. Par leur parcours, leur audace, leur succès, nos innovateurs jouent un rôle miroir pour chacun d’entre nous.

> Une valeur d’image
Valoriser ses créations, ses innovations, c’est décupler sa crédibilité auprès de ses concurrents, clients et partenaires, notamment financiers…
Au niveau national, tous nos innovateurs, dans des secteurs extrêmement variés, valorisent au quotidien la « marque » France ainsi que la créativité et la richesse de l’innovation « à la française ».

Parlez-vous innovation ? Le paradoxe gaulois

Au pays historiquement « sans pétrole mais avec des idées », la majorité des Français considèrent le « Made in France » et leurs entrepreneurs comme les deux atouts majeurs dans notre capacité à innover. Il en va de même au-delà de nos frontières, où l’excellence de la recherche, la créativité et l’ingéniosité française abordent une réputation sans faille (La marque France vue d’ici et d’ailleurs – Institut CSA – décembre 2016).

Pour autant, alors que toutes les études et données s’accordent à démontrer que l’innovation contribue à la valeur et la commercialisation des produits et des services, et que la France fait partie des pays les mieux outillés pour aborder ce challenge, force est de constater que certains paradoxes demeurent.

Par exemple, la France occupe un très bon 4ème rang européen en termes de dépôts de brevet (selon l’Office européen des brevets – OEB), mais n’occupe que le 15ème rang mondial en matière d’innovation (selon l’indice d’innovation mondial 2017 de l’Office mondial de la propriété intellectuelle – OMPI) et fait ainsi partie des pays dits « suiveurs ». A l’inverse, avec plus de 80 000 marques déposées ou renouvelées par an, l’engouement des français pour la protection du nom de leur activité semble disproportionné par rapport au nombre de nouveaux produits ou services édités chaque année.

Il existe ainsi un frein à la transformation de nouvelles idées en réalités économiques : la capacité à prendre des risques, à oser, reste en dessous du potentiel français.

La résistance au changement et la peur de l’échec, incarnés notamment à travers le fameux french self-bashing, prennent des allures de coupables. Réel ou fantasmé, cause ou symptôme, cet autodénigrement vient se heurter à un quotidien qui ne se révèle qu’en prenant du recul : la performance de nos entreprises, le dynamisme de nos PME, l’agilité de nos start-up et la puissance de nos grandes marques – souvent patrimoniales – creusent ce relief si contrasté de l’innovateur français.

Car si rien ne vient appuyer la thèse d’un pays incapable de relever le défi de la créativité et de l’innovation, ne serions-nous pas plutôt en présence d’un problème de perception du sujet ?

Un problème de perception (et d’attentes) autour de l’innovation en France

Plusieurs études quanti et quali auprès des PME, experts et influenceurs, ainsi que l’analyse de nos données clients sont venus nous apporter un éclairage intéressant sur le rapport qu’entretiennent nos entreprises avec l’innovation et le statut d’innovateur.

On constate une perception stable et acquise des enjeux de l’innovation et de sa protection par la propriété intellectuelle comme outil de protection, de crédibilité, de valorisation et d’image. Un encouragement manifeste des actions de sensibilisation et de communication menées dans ce sens depuis de nombreuses années… Néanmoins, des variations importantes demeurent, et celles-ci sont directement liées à :

–      Une compréhension différente de ce qu’est l’innovation selon le profil des innovateurs et le degré de maturité des entreprises sur le sujet.
–      Une stratégie d’innovation encore peu (voire pas) formalisée dans les PME et pourtant jugée incontournable et structurante, notamment par les experts.
–      Une cartographie des acteurs de l’innovation perçue comme floue et compliquée.

Pour autant, leurs attentes sont fortes :

–      Il existe une prise de conscience de la nécessité, tant au niveau micro que macro, de renouer avec une culture forte d’innovation.
–      Une prise de parole publique est plébiscitée pour sensibiliser en ce sens l’ensemble des citoyens français.
–      Des thèmes émergents comme l’impression 3D, l’économie numérique, collaborative, l’innovation ouverte… posent de nouvelles questions en termes de pratiques et viennent conforter ces attentes.

Un problème de perception (et d’attentes) autour des innovateurs

Malgré qu’ils déposent des brevets et concourent activement à la croissance de notre pays, les chefs d’entreprises que nous avons interrogés ne se perçoivent pas comme des innovateurs. Ils attribuent spontanément ce terme à des entrepreneurs « disrupteurs », « comme Steve Jobs ».

Pourtant, à l’évidence, l’histoire est faite d’innovations plus ou moins majeures et – nous l’avons vu – l’innovation est devenue transverse à tous les secteurs. Il n’existe pas un seul type d’innovateur, ni une seule sorte d’innovation, pas moins qu’une seule façon d’innover.

La notion d’innovation étant volatile et nourrie par une approche souvent intuitive ou empirique des process et organisations qui y mènent, la notion d’innovateur l’est tout autant. A défaut de références communes, de modèles partagés d’innovations ou d’innovateurs, prévalent alors des représentations issues de clichés dépassés ou d’éblouissements focalisés vers des personnalités – le plus souvent étrangères – érigées en icônes visionnaires. Synonymes de « véritables » succès, la découverte de la formule magique pour y parvenir devient alors le Graal.

L’étude de nos clients a permis de vérifier qu’il n’existe pas de process type pour innover. En revanche, nous avons distingué 3 grands différents profils d’innovateurs, qui peuvent se superposer :

– Inventeurs « modèle ADN » : l’innovation rupturiste est au cœur de l’ADN de l’entreprise. Les brevets sont primordiaux et déposés systématiquement à l’international.
– Innovateurs « modèle marketing » : l’innovation vise à développer de nouvelles fonctionnalités aux produits existants. Communication et marketing sont prioritaires. Brevet, Marques et Modèles sont exploités.
– Rénovateurs « modèle marché de niche » : perfectionnement des produits souvent en réponse aux attentes clients sans que l’innovation soit perceptible, sur des marchés de niche très spécifiques. Ils déposent essentiellement des brevets, souvent à l’international.

Sur ces 3 typologies de clients actuels, le potentiel existe pour les inciter à innover à la fois en extensif (création de nouveaux produits et/ou services), en intensif (créations de nouvelles fonctionnalités/améliorations) mais également de façon transverse (créer ou élargir une culture de l’innovation au sein de chaque service en interne).

L’INNOVATION EST UNE CULTURE, UN ÉTAT D’ESPRIT, QUI PEUT ET DOIT TOUCHER TOUT LE MONDE, DE FAÇON PERMANENTE
> l’entreprise – quel que soit son secteur,
> l’individu – quel qu’il soit,
> les institutions, les pays – quelles que soient les frontières.

Magali LANCIEN – French Craft Guild


In a context of globalisation and increased competitiveness, the ability to innovate has become an essential source of growth. For companies, protecting innovations is more vital than ever. But France, the “country of ideas”, does not manage to transform them sufficiently in value, in market objects… A culture of innovation must emerge, based on trust, optimism and audacity.

Innovation as collective intangible capital

The perception and reality of innovation is increasingly going beyond the technological dimension alone. Innovation is no longer limited to the products and those who create them. Think about the company, its brands, its design, its management, its organisation, its services, etc. are all elements that today enter the field of innovation, and represent a tangible source of value(s).

> An economic value
An effective innovation strategy enables any company to increase its turnover, gain market share, enjoy a real competitive advantage and position itself as a leader.
At the national level, innovation is a major lever for growth and competitiveness: creating economic flows, attracting investors, promoting research, exporting, job creation, etc.

> A heritage value
Through its portfolio of securities, the company enriches its intangible capital and has tangible sources of revenue.
Collectively, all titles deposited at the INPI (Intellectual Property French Office) are part of our heritage, recognized by the State as “National Treasures” and must inspire new innovations.

> A societal value
Innovation calls for innovation. It is a mindset, a culture that must irrigate both the company and the entire country. Through their journey, their audacity and their success, our innovators play a mirror role for all of us.

> An image value
Valuing its creations and innovations means increasing its credibility with its competitors, customers and partners, especially financial…
At the national level, all our innovators, in extremely varied sectors, value France’s “brand” every day, as well as the creativity and richness of “French-style” innovation.

Are you talking about innovation? The Gaulish paradox

In a country historically without oil but with ideas, the majority of French people consider “Made in France” and their entrepreneurs as the two major assets in our ability to innovate. The same is true beyond our borders, where excellence in research, creativity and French ingenuity are approaching a flawless reputation (La marque France vue d’ici et d’ailleurs – Institut CSA – December 2016).

However, while all studies and data agree that innovation contributes to the value and commercialization of products and services, and that France is among the countries best equipped to tackle this challenge, it must be noted that some paradoxes remain.

For example, France ranks 4th in Europe in terms of patent applications (according to the European Patent Office – EPO), but only 15th in terms of innovation (according to the 2017 World Intellectual Property Office – WIPO Global Innovation Index) and is thus one of the so-called “follower” countries. Conversely, with more than 80,000 trademarks registered or renewed per year, the French are keen to protect the name of their business.

There is thus a brake on the transformation of new ideas into economic realities: the ability to take risks, to dare, remains below the French potential.

The resistance to change and the fear of failure, embodied in particular through the famous French self-bashing, take on the appearance of culprits. Real or imagined, cause or symptom, this self-determination comes up against a daily life that is only revealed by taking a step back: the performance of our companies, the dynamism of our Smes, the agility of our start-upsup and the power of our major brands – often heritage brands – drive this contrasting relief of the French innovator.

For if nothing comes to support the thesis of a country unable to meet the challenge of creativity and innovation, would we not instead be faced with a problem of perception of the subject?

A problem of perception (and expectations) around innovation in France

Several quantitative and qualitative studies among Smes, experts and influencers, as well as the analysis of our customer data have brought us an interesting insight into the relationship our companies have with innovation and the status of innovator.

There is a stable and established perception of the challenges of innovation and its protection through intellectual property as a tool for protection, credibility, value and image. A clear encouragement of awareness-raising and communication actions carried out in this direction for many years… Nevertheless, significant variations remain, and these are directly related to:

  • A different understanding of what innovation is based on the profile of innovators and the level of maturity of companies on the topic.
  • An innovation strategy that has yet to be formalized in Smes and yet is considered essential and structuring, particularly by experts.
  • A map of innovation actors perceived as fuzzy and complicated.

However, their expectations are strong:

  • There is an awareness of the need, both at the micro and macro level, to reconnect with a strong culture of innovation.
  • There is a plebiscite for public speaking to make all French citizens aware of this.
  • Emerging themes such as 3D printing, digital economy, collaborative, open innovation… ask new questions in terms of practices and reinforce these expectations.

A problem of perception (and expectations) around innovators

Even though they are patenting and actively contributing to the growth of our country, the business leaders we interviewed do not see themselves as innovators. They spontaneously attribute this term to disruptive entrepreneurs, such as Steve Jobs.

Yet, clearly, history is made up of more or less major innovations and – as we have seen – innovation has become transverse to all sectors. There is no one type of innovator, no one kind of innovation, no less than one way of innovating.

The notion of innovation being volatile and fed by an often intuitive or empirical approach to the processes and organizations that lead to it, the notion of innovator is equally so. In the absence of common references, shared models of innovations or innovators, representations based on outdated clichés or glare focused on personalities – most often foreign – prevail. built into visionary icons. Synonymous with “real” success, the discovery of the magic formula for achieving it becomes the Grail.

The study of our customers made it possible to verify that there is no standard process for innovating. On the other hand, we have distinguished three main profiles of innovators, which can be superimposed:

  • “DNA model” inventors: disruptive innovation is at the heart of the company’s DNA. Patents are paramount and systematically filed internationally.
  • “Marketing Model” innovators: the innovation is aimed at developing new functionality for existing products. Communication and marketing are priorities. Patents, Brands and Models are exploited.
  • “Niche market model” renovators: product development often in response to customer expectations without the innovation being noticeable, in very specific niche markets. They are basically patenting, often internationally.

Of these 3 types of current clients, the potential exists to encourage them to innovate both in extensive (creation of new products and/or services), in intensive (creation of new functionalities/improvements) but also in a cross-cutting way (creating or expanding a culture of innovation within each internal department).

Far from enclosing, these first avenues of reflection must free up preconceived ideas and open a rich and fruitful debate.

Both in spirit and in practice, France has an immense potential for optimising innovation. And it is by broadening our vision of the subject and adopting a common language that we will be able to reconnect with a true culture in this area.

INNOVATION IS A CULTURE, A STATE OF MIND, WHICH CAN AND MUST AFFECT EVERYONE, PERMANENTLY
> the enterprise – whatever its sector,
> the individual – whoever he is,
> institutions, countries – regardless of borders.

School Paper 2

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«Light of paper»
1 day of creative workshop from the falls of paper production.
6 most prestigious French design schools.
8 motivated jurors.


Meet the 6 projects from leading Parisian design schools, invited by Procédés Chénel to take part in ‘School Paper’, a one day intensive competition to design and craft ephemeral installations made out of paper provided by Procédés Chénel.

Procédés Chénel – Architecture de Papier is a renowned paper manufacturing company that specialises in banners, ceilings, partition walls, lighting systems and furniture, using paper of varying thickness, texture and opacity. Yaki is a lighting specialist for sign manufacturers, lighting designers and architects.

In order to prepare for the competition, students were given the opportunity to visit Procédés Chénel’s and partner Yaki’s workshop and showroom, where they were introduced to a variety of innovative products, manufacturing and assembly techniques. They were asked to work with the theme “paper light” and to come up with original and inventive solutions aimed at celebrating the unique qualities of the paper samples.

Design students were given 6 hours to realise their concepts utilising the provided samples. The proposals were then evaluated by a panel of renowned designers and experts. 

  • École nationale supérieure des Arts Décoratifs (Ensad)
  • ENSCI-Les Ateliers
  • Strate – Ecole de design
  • Ecole Duperré Paris
  • École de Condé
  • Ecole Boulle – Ecole Nationale des Arts Appliqués aux Industries de l’Ameublement
  • École Camondo

Garden Party & Prizes

Congratulations to the 3 winners of the School Paper 2 contest! The prizes were presented on June 6th 2019, during Procédés Chénel’s Garden Party – a two-day mini trade show to discover French finest crafters for sustainable & event-driven architecture.

  • Ecole de Condé – Chloé Lagarde et Clément Dhote
    For their folding inspired by NASA satellites and the declination of their concept.
  • ENSCI – Rémi Taulemesse
    For the apparent simplicity of his design generating immediate visual impact.
  • Ecole Boulle – Marie Cadoret et Niels Nijman
    For literally “cooking” their material and proposing a new approach to paper scrap reprocessing.

A wonderful and rich moment of exchanges among sharp professional jurors and promising talented students!

Jurors (from top left to down right on the above slideshow picture):
Pierre GendrotMarialya BestougeffVincent GrégoireSoline d’AbovilleGuillaume LehouxDan-Antoine Blanc-Shapira – Sascha Nordmeyer – Magali Lancien

Révélations, voir et croire

Sous la Nef du grand-Palais, comme autant d’éclats de verre diffractant la lumière, les métiers d’art ont offert un spectacle magistral pour cette édition 2019.

La biennale, qui accueille depuis 2013 les talents du Craft – selon le terme consacré – offre une vitrine aussi incomparable que nécessaire aux créateurs les plus chevronnés de l’artisanat d’art et de la création contemporaine.

A quoi faut-il s’attendre lorsque l’on pénètre un lieu habité par l’incandescence des matériaux, le crépitement des synapses et le souffle métissé des cultures ? Révélations.

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Il est toujours étonnant de trouver ce que l’on ne cherchait pas, tout en étant préparé à cette rencontre.

La sérendipité existe donc aussi en tant que spectateur, et être frappé en plein cœur par la poésie d’une mosaïste, l’audace d’un ébéniste ou la passion d’une brodeuse relève d’une expérience proche de la béatitude.

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De plans larges en zooms obsessionnels, la découverte se joue en séquences saccadées mais l’équilibre s’atteint au dernier palier, comme une épiphanie : ce qui anime l’homme demeurera irrésolu mais ce qu’il créé en apaise la fébrile attente. Au moins jusqu’à la prochaine édition.

Le mystère de l’inspiration, l’évidence de la création.

The mystery of inspiration, the evidence of creation

Under the Nef du Grand-Palais, like so many glass shards that dim the light, the crafts offered a masterful show for this 2019 edition.

The biennial, which has been hosting Craft’s talents since 2013 – according to the term dedicated – offers a showcase that is as incomparable as it is necessary for the most experienced creators of art crafts and contemporary creation.

What to expect when entering a place inhabited by the incandescent of materials, the crackling of synapses and the mixed breath of cultures? Revelations.

It is always surprising to find what we were not looking for, while being prepared for this meeting.

Serendipity therefore also exists as a spectator and being struck in the heart by the poetry of a mosaic, the daring of a cabinetmaker or the passion of an embroiderer comes from an experience close to beatitude.

From broad shots to obsessive zooms, the discovery is played in jerky sequences but the balance is reached at the last level, like an epiphany: what animates the man will remain unresolved but what he creates soothes the feverish expectation. At least until the next edition.